LUNDI 29 JUIN 2009
Communiqué du PS français relatif à la situation politique au Niger

Niger : la Constitution doit être respectée !
Le Président du Niger, Mamadou Tandja, vient de décider d’activer l’article 53 de la Constitution du Niger, l’autorisant à exercer des pouvoirs exceptionnels « lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité du territoire national ou l’exécution des engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate ».Pour la deuxième fois, le Président Tandja tente de s’extraire du cadre constitutionnel, puisque ce même article précise que « l’Assemblée nationale apprécie, à la majorité absolue de ses membres la durée de l’exercice des pouvoirs exceptionnels et y met fin en cas d’abus. » L’Assemblée nationale ayant été dissoute par le Président nigérien, cet article ne peut manifestement plus s’appliquer, d’autant plus que ni les institutions de la République, ni l’indépendance de la Nation, ni l’intégrité du territoire national ne sont menacés, si ce n’est par la volonté du Président Tandja de se maintenir à tout prix dans ses fonctions. La mobilisation très forte de la grande majorité des partis politiques, syndicats et organisations de la société civile du Niger montrent que cette position est de plus en plus incomprise.
Rappelons que l’article 36 de cette même Constitution précise que le Président du Niger est « rééligible une seule fois » et que l’article 136 stipule que l’article 36 ne peut faire l’objet « d’aucune révision ».
Le Parti socialiste condamne donc avec la plus grande fermeté toute tentative d’outrepasser la Constitution du Niger et apporte son soutien le plus ferme aux acteurs qui se battent pour sa défense, en particulier le PNDS et son Président Mahamadou Issoufou, mais aussi les très nombreuses organisations ayant rejoint cette dynamique républicaine. Il semble en effet de plus en plus légitime d’empêcher la tenue d’un référendum afin de permettre la tenue d’élections présidentielles respectueuses du droit, libres et transparentes.
Communiqué du Secrétariat international
Le président Tandja provoque inquiétude et grogne chez ses voisins

Les voisins du Niger et autres pays africains s'inquiètent de plus en plus de la situation à Niamey où l'opposition a dénoncé un coup d'Etat et a demandé à l'armée de désobéir après la décision du président Mamadou Tandja de s'arroger des «pouvoirs exceptionnels» pour gouverner seul.
Bagudu Hirse, vice ministre des Affaires étrangères du Nigéria
interrogé par la rédaction haoussa de RFI
« Pour le moment, si le président Tandja persiste à organiser ce référendum, il est le seul, il n'a pas l'accord du Cedeao ni du peuple nigérien. »
Bagudu Hirse, déclare aujourd'hui que son pays «ne tolèrera pas le plan du président Tandja». Celui-ci doit donc s'attendre dans les jours qui viennent à une réaction négative de ses voisins et sans doute de l'organisation ouest-africaine.
Le ton est aussi monté d'un cran à Niamey entre l'opposition et le ministre de l'Intérieur. Albadé Abouba a en effet vivement réagi à l'appel à la désobéissance, lancé samedi par l'opposition. Selon lui, ces déclarations tapageuses constituent une violation de la Constitution et pourraient entrainer des poursuites judicaires.
L'opposition qui estime que le président Tandja a fait un coup d'Etat en s'arrogeant les plein pouvoirs avait demandé aux militaires et aux policiers de ne pas exécuter les ordres, précisant même qu'un article de la Constution permettait de ne pas obéir aux ordres illégaux. C'est donc dans un climat de tension de plus en plus vive que le président Tandja s'apprête à publier un nouveau décret convoquant les électeurs aux urnes le 4 août prochain pour le référendum constitutionnel.
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