Niger
Le président Tandja isolé, dégaine l'article 53
par RFI
Article publié le 27/06/2009 Dernière mise à jour le 27/06/2009 à 10:37 TU
Mamadou Tandja a décidé de contourner la Cour constitutionnelle. Le président du Niger va utiliser les pouvoirs exceptionnels, prévus par l'article 53 de la Constitution. ll l'a expliqué vendredi 26 juin à ses concitoyens, à la radio et la télévision. Désormais, il gouvernera par ordonnances et décrets, pour, dit-il, « sauvegarder les fondements de la nation et les intérêts du peuple, en toute circonstance ».
Le projet de référendum du chef de l'Etat fait grincer des dents y compris dans les ransg de son propre parti. La semaine dernière, les présidents du MNSD (Mouvement national pour la société de développement), de la CDS (Convention démocratique et sociale), du RDP (Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès) et du RDS (Rassemblement pour le développement et la solidarité), partis proches du chef de l'Etat, ont remis au président Tandja un message commun lui demandant de respecter l'arrêt de la cour. Mais en vain. Quelques jours plus tard, le président de la République demandait à la cour de se déjuger et de renoncer à sa décision.
Cette tentation de vouloir passer en force crée un réel malaise au sein même du MNSD. Aucun cacique du parti, ne s'exprime ouvertement pour soutenir le projet du chef de l'Etat. D'ailleurs, des personnalités, au sein du gouvernement tout comme au MNSD manifestent discrètement leur gêne. Au point qu'ils ont missionné Mahamane Ousmane de la CDS, jusqu'à ces derniers jours, pour faire passer le message au président.
Mais la CDS a décidé de jeter l'éponge et de choisir son camp : celui du respect de la Constitution et des acquis démocratiques. La convention démocratique et sociale a également lancé son mouvement, le MDDR (Mouvement pour la défense de la démocratie et la République). Elle invite le MNSD et ses proches à la rejoindre. Le RDR pourrait se prononcer dimanche.

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